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L’après Covid: "la vaccination n’est pas la panacée"

Yves Van Laethem a accepté de nous faire part de son point de vue en tant que conseiller scientifique de la task-force interfédérale "Covid-19".  Nous avons pu cerner les enjeux de "l’après Covid" à l’aune des déficits de la stratégie fédérale face au risque pandémique.

Il est bon de rappeler que la pandémie de Covid-19 est à penser par le prisme des phénomènes de transmission virale inter-espèces (la zoonose). Les transmissions peuvent alors se lire via l’extension de l’activité humaine et par l’intensification des dépendances internationales. Il devient dès lors important de ne pas considérer la gestion du risque épidémique uniquement par la vaccination.

Loin de l’espoir "scientiste" d’un "salut vaccinal", Yves Van Laethem  nous rappelle que la lutte contre les épidémies reste une affaire politique à mener sur le long terme. Ainsi, les difficultés rencontrées par le Fédéral dans la lutte contre la Covid-19 restent dues  à l’absence de plan d’action fédéral actualisé et à l’absence d’une concertation européenne au sujet du risque pandémique.

Les techniques et les mesures d’hygiène constituent bien des atouts nécessaires dans la lutte contre les pandémies. Toutefois, il est plus que nécessaire de repenser les politiques de santé publique à la lumière de la prévention des risques et de la promotion de la santé:  "les jeunes". Dès lors, on ne peut qu’observer la faiblesse des budgets de santé dédiés à la prévention face - par exemple - au diabète de type 2 ou à la surconsommation de lipides qui sont en cause dans le cas des comorbidités".

Comme le souligne Yves Van Laethem, dans le cadre de maladies contre lesquelles le vaccin n’offre pas encore de protection suffisante, il reste indispensable de se préserver et d’éviter les comportements à risque. Toutefois, à l’heure où le milieu social reste une variable déterminante face au risque sanitaire, rappelons que cet impératif ne devrait pas prendre la forme d’une culpabilisation à outrance. Il est souvent trop tentant de faire porter la gestion du risque de façon individuelle, quitte à effacer les déterminants sociaux liés à la santé:  "Si l’on pense aux politiques au long cours, on ne peut que s’alarmer du manque d’information dédiée au public, mais également du peu d’investissement en termes d’infrastructures permettant la limitation de la propagation de virus comme les systèmes de ventilation par exemple [...] Par ailleurs si l’on veut préparer "nos troupes" "aux prochaines guerres", encore faudrait-il pouvoir les entrainer convenablement à réagir face au virus".

En conclusion, Yves Van Laethem insiste sur l’importance des politiques de promotion et d’éducation à la santé et sur l’importance de ne pas oublier certaines mutations de nos modes de vie à l’échelle planétaire, notamment la densification croissante des réseaux urbains qui facilite la transmission de maladies:  "Il existe bien des stratégies pour essayer cela: on évoquait l’interdiction de la vente de viande exotique ou encore la réglementation de la proximité des animaux sauvages et domestiques. Nous devons ainsi mieux gérer la manière dont nous vivons sur terre et la manière dont nous gérons notre empreinte écologique. Le réchauffement climatique a finalement autant d’impacts négatifs sur nos vies que les pandémies".